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Les surintendantes

Le métier de surintendante est né suite aux mouvements sociaux de 1917 dans les usines d’armement en France. Initialement voué à équilibrer la vie professionnelle et la vie familiale des travailleuses, ce métier évolue et prend une place considérable. Une place plus qu’attendue, une place essentielle.

Les surintendantes étaient chargées d’accomplir « un service des plus utiles ; elles allègent la direction supérieure d’une grande part des difficultés de détail, elles accroissent la production de l’établissement, en veillant à la santé, aux capacités et au bonheur des ouvrières » – Albert THOMAS, ministre socialiste.

C’est exactement ce que je veux faire.

Je suis consciente que ce n’est pas une chose facile que d’apporter de l’écoute au sein d’une entreprise, personne n’a le temps pour s’en acquitter. Tout le monde est pressé, tout le monde est dans l’urgence, les discussions sont rares et pourtant, elles font du bien. Elles permettent de se libérer, de se sentir compris et d’éviter l’isolement. Pour cela, il faut du temps.

Il faut du temps certes, mais pas seulement. Les surintendantes d’usines étaient formées à intervenir en milieu professionnel et étaient capables d’intervenir « au niveau de l’embauche, de l’ajustement des postes de travail aux caractéristiques et aux contraintes de la femme, du respect de l’hygiène, de la prévention des accidents du travail, de la mise sur pied et de la gestion de ce que l’on va appeler les œuvres sociales : cantine, bibliothèque, crèches-garderie… »

D’une certaine façon, elles anticipent sur ce qui deviendra une des tâches de la gestion des ressources humaines et du comité d’entreprise.

Les mots d’ordre : neutralité et paix sociale. Mais malheureusement, ce métier va disparaitre avec les années, les réformes et les nouvelles formes de travail. Un métier qui dérangeait, c’est vrai.

« Peut-être aussi la volonté des surintendantes d’affirmer leurs prérogatives, dans des domaines touchant à l’organisation du travail et de ne pas se confiner dans un rôle d’aide aux salariés pour résoudre les problèmes du hors-travail, mais bien d’intervenir sur le travail lui-même, a-t-elle rendu méfiant un certain nombre d’employeurs, de membres de l’encadrement ou de responsables des ressources humaines. »

Pour aller plus loin :

Annie Fourcaut – Femmes à l’usine : Ouvrières et surintendantes dans les entreprises françaises de l’entre-deux-guerres

François Aballéa – Les surintendantes d’usines : un échec de la professionnalisation de la sociologie

On en parle aussi :

L’écoute

Bien écouter, c’est presque répondre disait Marivaux. 82% des salariés préfèrent se tourner vers des robots pour préserver leur santé mentale plutôt que…

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